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Ma démarche artistique :

Publié par Françoise Segonds  - Catégories :  #Arts actuels

Entretien : Françoise Segonds/Eido Kissel 2022

 

Tout d'abord, merci à Françoise Segonds d'avoir bien voulu accepter le principe de ces entretiens au sujet de son travail plastique.

 

Exposition : (du 8 avril à la fin de l'été)

La période couverte par les œuvres choisies :

dessins de 2008 à 2012 et peintures de 2015 à 2021.

Le choix d'exposer les dessins plus anciens, travaux en demi-teinte, nous montre toute la délicatesse et le raffinement dont est capable Françoise Segonds, et atteste que la tonalité des travaux actuels plus puissants, voire grinçants parfois, résultent d'un choix délibéré de l'artiste, ou du moins de l'acceptation pleine et entière des demi-hasards engendrés par son dispositif de travail. D'ailleurs elle persiste et signe d'une série de peintures à l'autre et renforce son univers pictural.

Série des Hommages aux peintres/sculpteurs, photographes, cinéastes, compositeurs, poètes/écrivains.

 

Les grands artistes du passé qui constituent le panthéon personnel de Françoise Segonds sont : Jérôme Bosch, Rembrandt, Daumier, Giacometti et Egon Schiele.

Ces peintres travaillent au plus près des humains et de la « nature humaine » : ses forces, ses faiblesses et toutes ses facettes même les plus noires... sans illusion aucune, ni concession, mais avec passion.

Ajouté à cela que la peinture de Françoise Segonds n'est pas sans une certaine résonance naturelle avec les personnages et le bestiaire des façades moyenâgeuses de la Cité de Cordes sur Ciel.

Lorsqu'on pose la question à Françoise Segonds : pourquoi ces visages sont aussi grimaçants, déformés? elle répond : « je les vois comme ça. » 

Françoise Segonds ne peint qu'à partir de photos (internet, journaux...) et surtout à partir de celles qu'elle fait elle même.

Cela nous renseigne sur le Voir de notre époque : le monde est vu non en direct, mais par le prisme des images photographiques, filmiques ou des écrans.

Le réel s'éloigne-t-il définitivement :

« dé-réelisation/sur-réelisation »?

Mais Françoise Segonds ne cherche pas du tout la ressemblance. Lorsqu'elle dessine ses yeux ne quittent pas le sujet.

 

NB. : Un dessin d'une personne n'est pas le dessin de la personne. Un dessin d'une personne est le résultat visuel de la relation de l'artiste à la personne dessinée. C'est pour cela que l'idée d'un « réalisme » possible est un leurre. quand on considère un dessin dit « réaliste », on s'aperçoit qu'il est privé de vie, de sang, de caractère, le dessin d'un être humain qui aurait absenté son corps ou plutôt un reliquat formel absenté par son habitant initial...

Mais y parvient-on jamais ?

Le réalisme existe-t-il vraiment ?

 

Ce qu'un dessin nous donne à voir n'est pas le sujet en question mais le « voir » de l'artiste additionné du vôtre.

Il se trouve que le propre d'un artiste véritable est justement de proposer une Vision et non une représentation de quoi que ce soit.

La Vision de Françoise Segonds est une Vision qui peut nous réveiller, de notre somnolence chronique !

autrement dit : sous les visages lisses et dans les crânes... que de tempêtes !

Afin de faire émerger cette dimension Françoise Segonds adopte le dispositif suivant pour le dessin :

- au mur ou sur la table : l'image,

- à l'opposé la toile ou le papier,

munie d'une pointe feutre ou d'un crayon elle trace à l'aveugle sur le support, sans le regarder, sans contrôle, sans repentir.

Elle découvrira le dessin comme nous le découvrons. Et décide : « c'est comme cela que je le vois ».

C'est donc le Dessin qui Voit ou qui a vu.

La Vision est donc le Dessin et non le regard de l'artiste.

 

Dessin/ Danse

Lorsque Françoise Segonds parle de sa rencontre avec Fabienne Larroque (danseuse), elle dit :

« C'était mon Rêve de rencontrer une danseuse et de travailler avec elle. »

Ce qu'elles ont fait.

Peintures et danses interfèrent, les rôles s'échangent, tout devient danse, tout devient couleur et chacune reprend sa place et ça recommence... (Performances, danses, « les Mille et une nuit », « Trace pour la Paix »...)

...puis, par un beau jour d'été 2021 Françoise Segonds s'est résolue à danser vraiment.( triptyques 1,2,3 « Élodie », « Conte dansé » et « Alex ». Œuvres très émouvantes et habitées d'une véritable transmutation d'un corps exclu jusqu'alors « qui rentre dans son rêve ».)

« Dessiner c'est danser »...dit-elle : c'est un corps, c'est à dire de la chair qui danse, et la totalité du corps, ses humeurs, ses liquides, ses cheveux... qui deviennent danse.

 

Peinture :

Puis dans, le processus, vient dans un deuxième temps, après le dessin : couleur/matière/peinture.

Lorsque Françoise Segonds se met à peindre, le résultat est comme un feu de couleurs-matières : poser, déposer, tracer... sur la toile, « même avec rage parfois » ajoute-t' elle.

Si la trace/dessin est l'énergie pure et son devenir, la couleur/matière est la vie vécue ressentie, éprouvée, charnelle, spirituelle qui naît dans une tempête de coups de pinceaux.

Couleurs vives c'est à dire vivantes, criardes, c'est à dire poussant un cri, de : joie ? de peur ? de colère ?

 

« Ma couleur, c'est le Rouge. »

Monique Eïdo Kissel le 8/04/2022

Françoise Segonds / plasticienne

« Tout ce qui vit et bouge m’intéresse. Ce Tout, je le goûte et le traduis en formes, couleurs et matières. Créer pour être vivante bien sûr, pour ressentir du plaisir, exprimer mes émotions, extirper cet insondable et indicible pour Le partager avec celui qui, peut-être, gardera une trace de ce que j’aurais abandonné dans une respiration et offert dans le geste. Créer c’est aussi chercher, fouiller, découvrir, changer le regard, se libérer des contraintes qu’elles soient techniques ou intellectuelles, saisir le mystère qui entoure l’acte de création. Après m’être consacré aux arts appliqués et plastiques, ma démarche s’axe désormais essentiellement sur les arts visuels et principalement le mouvement.

Pour cela j’ai développé une technique particulière qui se rapproche davantage d’une posture ou d’un état d’esprit donné que j’ai appelé « sismographie des émotions ». Le point de départ est souvent inspiré d’un élément visuel tiré du réel : une photo, un arrêt sur image, que je saisis, observe, dessine de la façon la plus neutre et objective possible. Je me concentre sur le sujet sans tenir compte du support. Ma main est alors un instrument froid et impersonnel (sismographe) qui se met à tracer. Alors, en dehors de toute volonté, lorsque le dessin est fini, je découvre, au-delà du trait, tout ce que la main a ressenti et qui est de l’ordre du subjectif : un sentiment, une sensation ou une atmosphère comme si mon geste était déconnecté de mon esprit. L’invisible se révèle.

En peinture, je pense à un thème autour duquel je développe un champ lexical dont je tire quelques visuels qui servent de base à mon travail. Ensuite j’intuite la composition et les couleurs qui se précisent au fur et à mesure. J’arrête quand il y a assez de vie.

Pour les installations, je travaille essentiellement par association d’idées, de formes, de couleurs ou de matières. Je les choisi en fonction de ce qu’elles éveillent dans l’imaginaire collectif (le choix du jeans et de la palette  pour évoquer la désinvolture et la rue dans « Urban Festival »).

Dans mon travail autour du mouvement, mon écriture artistique se nourrit de celles d’autres êtres créatifs comme R. Schumann, Alberto Giacometti ou la poésie de Paul Sanda, mais également des êtres inspirants à l’image de Pierre Aléchinsky et Henri Michaux. De même je suis sensible au Tachisme, aux arts africain et aborigène (Minnie Pwerle), ou encore à l’art moderne et toujours au vivant. »

Texte dIsabelle Diacre   http://isabeldiacre.wixsite.com/isabellediacre

Dans chacune de ses toiles, inlassablement, obstinément, Fanfou traque, trace et retrace le mouvement perdu. C'est ce mouvement là : le mouvement enfui, celui qui n'est plus, qu'elle tente de ranimer en l'insufflant à son oeuvre.

D'abord Fanfou capture une image de papier, d'écran ou sur le vif....une image à l'arrêt.

Ensuite, sans jamais en détacher le regard, elle transcrit cette image sur la toile. En une sorte d'écriture automatique, presque une transe émotionnelle, Fanfou s'abandonne toute entière à sa quête du mouvement perdu.

Alors, le peintre tord et distord la réalité de cette image pour laisser émerger sur la toile une écriture figurative originale et personnelle, riche en émotion, couleur et geste pictural .

Ce geste pictural, véritable sismographe de l'émotion, participera à l'oeuvre finale, sera lourdement tracé ou déposé plus légèrement sur la toile (jets de peinture, lacérations, déchirures, tâches, traces de pinceaux...), cloisonnera voir enfermera plus ou moins tel détail du tableau (contours, cernes...). Enfin les couleurs travaillées feront écho à l'émotion dépeinte.

Dans cette quête d'écriture du mouvement, Fanfou est sensible aux artistes comme Henri Michaux, Jean Cocteau, André Masson, Calder, Jackson Pollock, Sam Francis, Alechinsky et d'autres...

Les arts premiers, l'art brut, d'extrême orient, aborigène, le tachisme, l'art de la rue sont autant de moyens divers et variés d'expressions dont elle aime nourrir sa sensibilité personnelle.

Véronique Garcia


Françoise Segonds 9AFU1CC-1

 

 

À propos

peintures, sculptures, installations, performances (danse, corps geste,créateurs) Cordes sur Ciel, Région Occitanie